
Pour transformer une innovation deeptech suisse en succès commercial, la maîtrise des subtilités juridiques et écosystémiques est plus décisive que l’excellence technologique seule.
- Le choix entre l’écosystème lémanique (EPFL) et zurichois (ETHZ) est une décision stratégique qui conditionne l’accès aux talents, aux capitaux et aux partenaires industriels.
- La négociation des droits de propriété intellectuelle avec les bureaux de transfert de technologie (TTO) est le point de friction le plus critique, capable de bloquer une future levée de fonds.
- Le financement Innosuisse n’est pas une simple subvention, mais un levier stratégique qui, bien utilisé, permet de valider son marché et de structurer son projet sans se perdre dans la bureaucratie fédérale.
Recommandation : Avant tout partenariat, auditez les clauses de licence sur la propriété intellectuelle. C’est là que se joue la future valorisation de votre projet.
La Suisse abrite un paradoxe fascinant : elle est systématiquement classée parmi les nations les plus innovantes au monde, portée par des pôles d’excellence comme l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) et l’ETH Zurich. Pourtant, pour de nombreux directeurs R&D, transformer cette formidable puissance de recherche en un succès commercial tangible ressemble à une énigme complexe. La tentation est grande de croire qu’il suffit de s’associer à un laboratoire de pointe pour voir l’innovation fleurir et se monétiser. Cette vision, bien que séduisante, ignore la réalité du terrain.
Le véritable enjeu n’est pas technologique, mais stratégique. La route du laboratoire au marché est semée de décisions critiques qui vont bien au-delà de la science. Il s’agit d’une navigation fine entre des écosystèmes aux cultures distinctes, un arbitrage délicat des clauses de propriété intellectuelle (PI) et une compréhension aiguë du timing pour intégrer les bonnes structures de soutien. L’échec ne provient que rarement d’une technologie défaillante, mais bien plus souvent d’un mauvais alignement stratégique, d’un contrat de licence mal négocié ou d’une mauvaise lecture des codes de l’écosystème local.
Cet article n’est pas un énième panégyrique de l’innovation suisse. C’est un guide stratégique destiné aux décideurs qui veulent aller au-delà de la collaboration de surface. Nous allons décortiquer les règles non-écrites, identifier les points de friction et fournir des clés concrètes pour faire de la recherche fondamentale suisse un avantage concurrentiel décisif.
Cet article est conçu pour vous offrir une vision claire et actionnable des étapes et des choix stratégiques qui jalonnent le parcours de la valorisation technologique en Suisse. Le sommaire ci-dessous vous permettra de naviguer directement vers les questions qui vous concernent le plus.
Sommaire : Guide stratégique de la valorisation de la recherche suisse
- Pourquoi 40% des licornes suisses naissent-elles à proximité des écoles polytechniques ?
- Comment initier un projet Innosuisse sans se noyer dans la bureaucratie fédérale ?
- EPFL Innovation Park ou Technopark Zurich : lequel choisir pour une start-up Deeptech ?
- Le piège contractuel sur les brevets universitaires qui peut tuer votre future levée de fonds
- Quand intégrer un incubateur : les 3 signaux qui montrent que vous stagnez en solo
- Pourquoi 90% des start-ups suisses échouent-elles par manque de « Market Fit » ?
- Pourquoi l’axe Genève-Lausanne concentre-t-il autant de cerveaux et de capitaux ?
- Comment la machine-outil suisse garde-t-elle son leadership face à la concurrence asiatique ?
Pourquoi 40% des licornes suisses naissent-elles à proximité des écoles polytechniques ?
Le succès des spin-offs des hautes écoles suisses n’est pas un hasard, mais le résultat d’une concentration exceptionnelle de trois ressources clés : les talents, le capital et l’infrastructure. La proximité géographique avec des institutions comme l’EPFL ou l’ETHZ agit comme un véritable accélérateur de gravité. Les idées nées dans les laboratoires y trouvent un accès quasi-instantané à un vivier de doctorants, d’ingénieurs et de managers formés pour penser l’innovation. Cette densité humaine est le premier carburant de la transformation d’une découverte scientifique en projet d’entreprise.
Mais les talents seuls ne suffisent pas. L’écosystème financier qui entoure ces campus est tout aussi crucial. Les parcs d’innovation, comme celui de l’EPFL, sont des aimants à capitaux. Les investisseurs, qu’il s’agisse de fonds de capital-risque, de family offices ou de business angels, savent que la proximité leur donne un avantage informationnel et facilite le suivi de leurs investissements. La preuve en est que les startups de l’EPFL ont levé plus de 700 millions CHF rien qu’en 2021, un chiffre qui témoigne de la confiance des investisseurs dans cet écosystème.
L’exemple de DePoly, une start-up issue de l’EPFL et lauréate du TOP 100 Swiss Startup Award 2024, est emblématique. Leur technologie révolutionnaire de recyclage du plastique à température ambiante n’aurait pu voir le jour sans l’accès direct aux laboratoires, aux brevets et au réseau de l’école. Cette synergie entre recherche de pointe, infrastructure et accès au financement est la recette qui explique pourquoi une part si significative des futurs champions technologiques suisses germe à l’ombre des campus universitaires.
Comment initier un projet Innosuisse sans se noyer dans la bureaucratie fédérale ?
Innosuisse, l’agence suisse pour l’encouragement de l’innovation, est un outil d’une puissance redoutable. Cependant, pour beaucoup, elle évoque une montagne de paperasse et une complexité administrative décourageante. La clé pour en tirer profit n’est pas de tout comprendre, mais de savoir frapper à la bonne porte avec le bon projet, au bon moment. Loin d’être un guichet unique, Innosuisse offre une palette d’instruments conçus pour différents stades de maturité.
Pour un projet de R&D en partenariat avec une haute école, l’instrument principal est le projet d’innovation. Le principe est simple : l’entreprise partenaire et le partenaire de recherche définissent un projet commun. Si celui-ci est accepté, Innosuisse couvre jusqu’à 70% des coûts directs du partenaire de recherche, tandis que l’entreprise doit apporter une contribution équivalente (souvent en salaires et infrastructures). C’est un effet de levier financier considérable. Le secret est d’arriver avec un projet déjà bien défini et un partenaire académique déjà identifié. Tenter de construire le projet via le formulaire de demande est la meilleure façon de s’égarer.

Pour naviguer efficacement, il est essentiel d’adopter une approche stratégique et de choisir le bon programme. Plutôt que de se lancer à l’aveugle, il faut utiliser les ressources mises à disposition pour affiner sa demande en amont. Voici quelques pistes concrètes pour ne pas se noyer :
- Si vous avez déjà un plan de travail détaillé et un partenaire de recherche, soumettez directement une demande de projet d’innovation pour obtenir un co-financement.
- Si votre besoin est d’abord de structurer votre business plan et votre stratégie, postulez au programme « Start-up Training ». Il offre des modules de coaching gratuits sur les aspects clés de l’entrepreneuriat, ce qui permet de solidifier votre dossier avant de demander un financement plus conséquent.
- En cas de doute, utilisez le « Guide InnoSuisse » disponible sur leur site. Cet outil interactif et les conseils individuels qui y sont proposés sont conçus pour vous orienter vers l’offre de soutien la plus adaptée à votre situation.
EPFL Innovation Park ou Technopark Zurich : lequel choisir pour une start-up Deeptech ?
Le choix entre l’arc lémanique et la région de Zurich n’est pas anodin ; c’est une décision stratégique qui aura un impact durable sur la culture, le financement et le développement d’une jeune entreprise deeptech. Les deux écosystèmes sont de classe mondiale, mais ils possèdent des ADN très différents. L’EPFL Innovation Park à Lausanne et le Technopark de Zurich ne sont pas interchangeables. Les comparer revient à choisir entre deux philosophies d’innovation.
L’EPFL Innovation Park bénéficie d’une atmosphère très internationale, tournée vers les sciences de la vie, les matériaux avancés et l’aérospatial. La proximité de Genève et de ses organisations internationales, ainsi que d’un tissu dense de multinationales de la santé, colore fortement l’écosystème. Le financement y est souvent dominé par des family offices et des fonds spécialisés en life sciences, qui ont une vision à plus long terme. Comme le souligne l’EPFL Innovation Park, l’environnement est enrichi par la proximité de l’UNIL (droit, finance), l’IMD (business) et l’ECAL (design), créant un terreau multidisciplinaire unique.
L’EPFL Innovation Park est entouré de nombreux centres d’excellence académique tels que l’UNIL, l’IMD, HES-SO et l’ECAL. Ces institutions confèrent des diplômes dans des disciplines complémentaires, permettant aux diplômés en droit, finance, business, santé de travailler aux côtés de spécialistes technologiques.
– EPFL Innovation Park, Site officiel EPFL Innovation Park
Le Technopark Zurich, quant à lui, est profondément ancré dans le cœur industriel et financier de la Suisse alémanique. Sa force réside dans sa connexion directe avec les secteurs de la fintech, de la robotique et de la foodtech. L’écosystème zurichois est plus pragmatique, fortement connecté au Mittelstand industriel et aux grandes banques. Le financement y est davantage structuré autour de VCs internationaux et d’un accès direct aux puissants fonds de pension suisses. Le tableau suivant synthétise les différences clés pour guider votre décision.
| Critère | EPFL Innovation Park | Technopark Zurich |
|---|---|---|
| Spécialisations | Life sciences, matériaux avancés, aérospatial | Fintech, robotique durable, foodtech |
| Financement dominant | Family offices, fonds life sciences | VCs internationaux, banques d’investissement |
| Environnement | International, proximité Genève | Connecté aux industries suisses-allemandes |
| Programmes d’accélération | Tech4Trust (cybersécurité), Tech4Regen | Accès direct aux fonds de pension |
Le piège contractuel sur les brevets universitaires qui peut tuer votre future levée de fonds
Le Bureau de Transfert de Technologie (TTO) de l’université est à la fois votre meilleur allié et votre adversaire le plus redoutable. C’est l’entité qui gère la propriété intellectuelle (PI) et négocie les contrats de licence. Une collaboration fructueuse avec le TTO est essentielle, mais une naïveté sur les enjeux contractuels peut se révéler fatale. L’erreur la plus commune est de sous-estimer l’importance des clauses de licence, un document qui semble technique mais qui conditionne toute la valeur future de l’entreprise.
Le TTO a pour mission de défendre les intérêts de l’université. Cela inclut le droit de continuer à utiliser la technologie pour la recherche et l’enseignement, ainsi que de maximiser les retours financiers. Pour une entreprise, obtenir une licence d’exploitation est une chose, mais pour un investisseur en capital-risque, seule une licence exclusive dans un champ d’application clairement défini a de la valeur. Si le contrat est trop flou, ou si l’université conserve des droits qui pourraient concurrencer la start-up, un investisseur refusera de s’engager. Le coût de la protection est également un facteur clé : un brevet international pour cinq pays peut coûter plus de 100’000 CHF sur 15 ans, un fardeau que la start-up devra souvent assumer.

Le véritable champ de bataille n’est donc pas le laboratoire, mais la salle de négociation. Il est impératif d’anticiper les exigences des futurs investisseurs et de les intégrer dès les premières discussions avec le TTO. Pour éviter de tomber dans les pièges les plus courants, un audit rigoureux des propositions de contrat est nécessaire.
Votre checklist pour la négociation de licence avec un TTO
- Gouvernance de la PI : Confirmez que le TTO est bien l’unique interlocuteur et gestionnaire de la propriété intellectuelle concernée. Faites l’inventaire de tous les brevets et copyrights associés au projet.
- Exclusivité et champ d’application : Négociez une licence exclusive, même si elle est limitée à un champ d’application très précis. C’est un prérequis non-négociable pour la plupart des VCs.
- Sauvegarde des intérêts : Assurez-vous que les droits conservés par l’université pour l’enseignement et la recherche sont clairement délimités et ne peuvent pas être utilisés à des fins commerciales concurrentes.
- Limitation de la responsabilité : Vérifiez que les clauses de responsabilité sont équilibrées et ne font pas peser un risque démesuré sur la start-up en cas de litige.
- Plan de transfert et de développement : Clarifiez qui paie quoi concernant les frais de maintenance des brevets et définissez un plan clair pour le transfert des savoir-faire non brevetés (le « know-how »).
Quand intégrer un incubateur : les 3 signaux qui montrent que vous stagnez en solo
L’idée reçue est qu’un projet innovant doit rejoindre un incubateur le plus tôt possible. C’est une erreur stratégique. Intégrer une telle structure trop tôt, avant d’avoir une preuve de concept (PoC) solide, dilue l’attention et consomme des ressources précieuses. Le bon moment pour chercher un soutien structuré n’est pas au début de l’aventure, mais lorsque l’on fait face à des signaux de stagnation clairs.
Le premier signal est ce que les experts appellent le « plateau technique ». Comme le résume un guide spécialisé, ce moment survient lorsque « vous avez une preuve de concept validée en laboratoire, mais vous manquez des compétences en ingénierie produit et des contacts industriels pour créer un prototype robuste ». C’est le passage critique du « ça marche en labo » au « ça peut devenir un produit ». À ce stade, l’accès à des mentors industriels, des ingénieurs spécialisés et des ateliers de prototypage qu’offre un incubateur devient crucial.
Le deuxième signal est le « mur du réseau ». L’équipe fondatrice a épuisé son réseau personnel et professionnel. Les portes ne s’ouvrent plus aussi facilement, que ce soit pour trouver des clients pilotes, des fournisseurs clés ou des experts réglementaires. Un incubateur ou un programme de coaching agit alors comme un passe-partout, donnant un accès crédibilisé à un réseau beaucoup plus large et qualifié. Le programme « Initial Coaching » d’Innosuisse est un excellent exemple : il finance des sessions avec des coachs accrédités dont le rôle est précisément de débloquer ces situations en ouvrant leur carnet d’adresses.
Enfin, le troisième signal est le « flou stratégique ». Le projet avance, mais sans direction claire. L’équipe est tellement absorbée par l’opérationnel qu’elle ne prend plus le temps de challenger sa stratégie commerciale ou son business model. Pour les startups plus avancées, un coaching structuré, comme celui proposé par Innosuisse, permet de « revoir la stratégie commerciale mise en œuvre, de découvrir les failles et d’identifier les leviers possibles pour accélérer la croissance ». C’est à ce moment précis que le regard extérieur et l’expérience d’un incubateur apportent une valeur maximale.
Pourquoi 90% des start-ups suisses échouent-elles par manque de « Market Fit » ?
Dans un pays où l’excellence technique est une seconde nature, l’échec d’une start-up deeptech est rarement dû à une faille technologique. Avec environ 300 startups technologiques créées chaque année, la compétition est intense, mais le véritable tueur en série est ailleurs : c’est l’absence de « Product-Market Fit ». Trop d’entrepreneurs, fascinés par la prouesse de leur invention, oublient de répondre à la seule question qui compte : qui est prêt à payer pour résoudre quel problème ?
La culture de l’ingénieur, si précieuse en phase de R&D, peut devenir un handicap en phase de commercialisation. Elle pousse à perfectionner le produit indéfiniment, à ajouter des fonctionnalités, au lieu de confronter une version « suffisante » au marché réel. Pour les technologies de rupture (deeptech), ce défi est encore plus grand. Le produit est souvent si nouveau que le marché n’existe pas encore. Il ne s’agit pas de répondre à un besoin existant, mais d’en créer un.
La validation de marché pour la deeptech ne peut donc pas suivre les méthodes classiques du logiciel. Elle exige une approche plus patiente et collaborative. Plutôt que de viser une commercialisation de masse immédiate, la stratégie gagnante consiste à identifier et à travailler avec des « partenaires de co-développement ». Voici des principes clés pour une validation de marché réussie dans le contexte suisse :
- Développer des « partenariats exploratoires » : Ciblez des PME innovantes du Mittelstand suisse, qui sont souvent plus agiles que les grands groupes. Proposez-leur de co-développer une solution spécifique à leur besoin, en échange d’un accès à leurs données et d’un premier cas d’usage crédible.
- Valider l’adéquation au cycle de vente : Avant de vous lancer, assurez-vous que votre cycle de vente prévisionnel est compatible avec vos fonds disponibles. Une technologie de rupture peut nécessiter 18 à 24 mois de conviction. Si vous n’avez que 6 mois de cash, votre technologie est déjà morte.
- Être éligible avant de commencer : Pour des programmes comme ceux d’Innosuisse, il est crucial d’avoir un produit « pre-market ». Un prototype ou un pilote est accepté, mais un produit déjà commercialisé vous rendra inéligible au soutien pour la phase de mise sur le marché.
Pourquoi l’axe Genève-Lausanne concentre-t-il autant de cerveaux et de capitaux ?
L’extraordinaire dynamisme de l’arc lémanique, souvent surnommé la « Health Valley », n’est pas le fruit du hasard. Il s’agit d’un effet « boule de neige » où la concentration de talents attire les capitaux, qui à leur tour financent des projets qui attirent encore plus de talents. Ce cercle vertueux repose sur une combinaison unique de facteurs académiques, industriels et financiers.
Le moteur principal est la densité académique. L’EPFL et l’Université de Lausanne (UNIL) forment un pôle de compétences de rang mondial, notamment dans les sciences de la vie, la microtechnique et l’informatique. Mais cet écosystème ne fonctionne pas en vase clos. Il est enrichi par la présence de hautes écoles spécialisées (HES) et de centres de recherche privés qui créent un flux constant d’idées et de main-d’œuvre qualifiée. Cette abondance de « cerveaux » est le terreau sur lequel les innovations peuvent germer.
Cette concentration de talents a naturellement attiré le capital. Les grands groupes pharmaceutiques et medtech, les organisations internationales et une myriade de family offices fortunés ont élu domicile dans la région. Ils représentent une source de financement, mais aussi un marché potentiel et un vivier de managers expérimentés. Cette proximité facilite les interactions informelles, les rencontres et les « deals » qui ne se feraient pas si les acteurs étaient dispersés.
Plus récemment, cette dynamique s’étend à de nouveaux domaines comme l’intelligence artificielle. Loin de la simple concurrence, une collaboration stratégique se met en place à l’échelle nationale. Le lancement du Swiss National AI Institute (SNAI) par l’ETH Zurich et l’EPFL en est la preuve. Cette initiative vise à fédérer les forces pour accélérer la recherche et l’innovation en IA, en s’appuyant sur des infrastructures de pointe comme le superordinateur « Alps » et ses milliers de GPU. C’est la démonstration que la concentration locale peut aussi être un tremplin pour une ambition nationale, renforçant encore l’attractivité de l’axe lémanique comme porte d’entrée de cet écosystème.
À retenir
- La valeur d’une innovation deeptech se joue moins dans le laboratoire que dans la salle de négociation des contrats de propriété intellectuelle.
- Le choix entre l’écosystème de Lausanne et celui de Zurich n’est pas un détail, mais une décision stratégique qui conditionne l’accès aux talents, aux capitaux et à la culture d’entreprise.
- Atteindre le « product-market fit » est l’obstacle principal ; il nécessite de confronter l’innovation au marché le plus tôt possible, idéalement via des partenariats de co-développement avec des acteurs industriels.
Au-delà de la R&D : comment l’innovation deeptech assure le leadership économique suisse
Dans un environnement mondialisé où la concurrence, notamment asiatique, se fait de plus en plus sentir, on peut se demander comment des secteurs traditionnels comme la machine-outil ou l’horlogerie suisses maintiennent leur leadership. La réponse ne réside pas seulement dans la qualité de fabrication, mais de plus en plus dans leur capacité à intégrer des innovations de rupture issues de l’écosystème deeptech local.
Les start-ups ne sont plus de simples acteurs périphériques ; elles sont devenues le bras armé de la R&D pour l’ensemble du tissu industriel. Elles apportent l’agilité, la prise de risque et la vitesse d’exécution que les grands groupes peinent parfois à maintenir. En développant des solutions de pointe en intelligence artificielle, en nouveaux matériaux, en robotique ou en cybersécurité, ces jeunes pousses fournissent les briques technologiques qui permettent aux industries établies de réinventer leurs produits et leurs processus. La puissance financière de cet écosystème est considérable, avec, par exemple, plus de 1,2 milliard CHF investis dans les seules start-ups des secteurs TIC et fintech en 2019.
Cette symbiose est la véritable force du modèle suisse. Une grande entreprise horlogère peut ainsi collaborer avec une spin-off de l’EPFL spécialisée dans les traitements de surface pour créer un boîtier de montre inrayable. Un fabricant de machines-outils peut intégrer l’algorithme d’une start-up de l’ETHZ pour développer une maintenance prédictive et offrir un service à plus forte valeur ajoutée. Comme le souligne economiesuisse, ce rôle est devenu indispensable.
La présence en si grand nombre de start-up dans les sciences de la vie, l’industrie MEM et la finance souligne la fonction essentielle que jouent les start-up dans le changement structurel de ces branches. En accélérant les développements technologiques, les start-up jouent un rôle indispensable pour l’économie suisse.
– economiesuisse, Rapport sur le paysage des start-up en Suisse
Pour capitaliser sur l’innovation suisse, l’étape suivante consiste à auditer vos partenariats potentiels à l’aune de ces leviers stratégiques, bien au-delà de la simple excellence technique. C’est en maîtrisant ces règles du jeu que vous transformerez une collaboration de recherche en un véritable succès commercial.